Je ne suis plus très bavarde sur ce blog depuis quelques temps.
En fait, je ne suis plus très bavarde, de manière globale. La dernière fois qu'on m'a demandé : "Alors, quoi de neuf ?", j'ai répondu : "ben , pas grand chose, tout va bien, alors j'ai pas grand chose à dire".
Il y a ça, et il y a les choses qui ne se disent pas ici.
Mais c'est une période douce dans ma vie, un peu à contre-courant de ce qui se passe autour de moi, des échos que j'en ai. Alors, oui, ça a un côté injuste... mais j'ai eu mon lot d'emmerdes aussi y'a pas si longtemps... et sans être déconnectée totalement du monde, j'essaie de profiter de ce petit moment de grâce.
Et après deux années tortueuses (qui en promettent peut-être encore d'autres), je peux enfin me poser, regarder en arrière, sereinement, sans regrets, et commencer à faire quelques bilans.
Le principal, dont j'ai déjà beaucoup parlé ici, c'est de prendre VRAIMENT conscience à quel point Saintes m'a grandie, portée, soignée. Elle est restée longtemps dans mon cœur (et y gardera probablement toujours une place particulière), j'étais incapable alors de comprendre pourquoi cet acharnement de mon tout mon être à regarder en arrière. Je sais aujourd'hui que je n'étais pas prête. Elle m'a accompagné dans des moments douloureux, que je n'aurais probablement pas supporté si je ne m'étais raccroché à ce possible ailleurs et autrement. Cet ailleurs, cet autrement, ils sont ici et maintenant, et je peux enfin faire le deuil de ce que je n'ai plus (ou plus tout à fait). Je sais que je peux regarder apaisée les signes qui me parviennent de Saintes, qu'ils me font chaud au cœur, et ne me piquent plus la poitrine.
Saintes m'a appris à ne plus avoir peur de chuter, que l'on ne se blesse pas toujours lorsqu'on tombe.
Elle m'a appris à rencontrer les gens. Elle m'a appris à les aimer.
Ce nouveau travail a remis de l'ordre dans ma vie, dans tous les domaines. Et pour la première fois depuis deux ans, je m'intéresse à mon futur.